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Visiter un logement avant d'acheter : la liste des points à vérifier
Quartier, parties communes, pièces, installations, questions au vendeur et documents à exiger : la liste de contrôle complète pour une visite immobilière.
Une visite utile suit une liste fixe : le quartier, puis l'immeuble ou l'extérieur, puis chaque pièce, et enfin les documents à demander au vendeur. Si le logement est situé dans une zone à risques, le vendeur doit vous remettre l'état des risques dès cette première visite ; prévoyez ensuite une deuxième visite à un autre moment de la journée avant toute offre.
Avant de vous déplacer : lire l'annonce comme un dossier
L'annonce contient déjà des informations obligatoires, qui permettent d'écarter un bien sans perdre une demi-journée :
- Les classes énergie et climat du DPE, affichées en couleur sur internet, avec le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie et l'année de référence des prix. Un logement classé F ou G doit porter la mention « logement à consommation énergétique excessive ».
- La mention Géorisques lorsque le bien doit faire l'objet d'un état des risques.
- En copropriété : le nombre de lots, le montant annuel des charges du budget prévisionnel payées par le vendeur et les éventuelles procédures liées aux difficultés financières de la copropriété.
- Les honoraires de l'agent ou du notaire mandaté, et qui les paie.
Avant la visite, consultez vous-même le site Géorisques à l'adresse du bien, situez le logement sur un plan (transports, écoles, commerces) et préparez vos questions par écrit. Si vous visitez un bien classé F ou G avec un projet locatif, lisez aussi notre guide sur le DPE et ses effets sur la vente et la location.
La liste de contrôle pièce par pièce
| Zone | À vérifier | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Quartier | Bruit (axe routier, bar, voie ferrée), stationnement, trajets réels | Nuisance visible dès l'arrivée, chantier voisin |
| Immeuble et parties communes | Hall, cage d'escalier, ascenseur, local vélos et poubelles, toiture visible | Fissures, infiltrations, équipements hors service |
| Extérieur d'une maison | Façades, gouttières, toiture, pente du terrain, clôtures | Fissures, végétation contre les murs, eau stagnante |
| Pièces de vie | Orientation, lumière naturelle, hauteur sous plafond, vis-à-vis | Pièce sombre à midi, odeur de renfermé |
| Fenêtres | Type de vitrage, ouverture et fermeture, joints | Condensation entre les vitres, bois abîmé |
| Cuisine et salle d'eau | Pression et température de l'eau, écoulement, ventilation | Joints noircis, moisissures, bouche d'aération absente |
| Électricité | Tableau, nombre de prises par pièce | Fils apparents, prises sans terre, fusibles anciens |
| Chauffage | Type d'énergie, âge de l'appareil, émetteurs dans chaque pièce | Pièces non chauffées, chaudière sans entretien |
| Murs, sols, plafonds | Planéité, traces d'eau, peinture récente localisée | Auréoles, parquet gondolé, placard fraîchement repeint |
| Annexes | Cave, grenier, garage, parking | Humidité, accès difficile, lot non rattaché à l'annonce |
Ouvrez les robinets, actionnez les volets, allumez les lumières, ouvrez les placards : personne ne vous le reprochera. Photographiez tout, avec l'accord du vendeur : les photos serviront à comparer plusieurs biens et à préparer la négociation.
Les questions à poser au vendeur
1. Depuis quand êtes-vous propriétaire, et pourquoi vendez-vous ?
2. Quels travaux avez-vous réalisés, par quelles entreprises, avec quelles factures et garanties ?
3. Y a-t-il eu des sinistres (dégât des eaux, infiltration, fissures) et ont-ils été déclarés à l'assurance ?
4. Quel est le montant réel des factures d'énergie et de la taxe foncière ?
5. En copropriété : quels travaux ont été votés ou sont envisagés, et à quelle date a lieu la prochaine assemblée ?
6. Les agrandissements ou transformations (véranda, combles, garage) ont-ils été autorisés ?
7. Des servitudes existent-elles (passage, vue, canalisation) ?
8. Quand le logement serait-il libre ?
Notez les réponses et conservez-les. Une réponse inexacte à une question précise peut, plus tard, aider à établir que le vendeur connaissait un défaut.
Les documents à demander, et à quel moment
Dès la première visite, l'état des risques si le bien est dans une zone concernée. Service Public est explicite : « L'état des risques doit être remis au potentiel acquéreur par le vendeur lors de la 1re visite du bien, si une telle visite a lieu. » (Source) Il doit dater de moins de 6 mois.
Au plus tard à la promesse de vente, le dossier de diagnostic technique complet (DPE, et selon le cas plomb, amiante, électricité, gaz, assainissement, termites…) et, en copropriété, notamment :
- la fiche synthétique, le règlement de copropriété et l'état descriptif de division ;
- les procès-verbaux des assemblées générales des 3 dernières années ;
- le carnet d'entretien et le plan pluriannuel de travaux ou son projet ;
- les charges payées par le vendeur sur les 2 derniers exercices et la part du fonds de travaux rattachée au lot ;
- l'état global des impayés de charges de la copropriété ;
- la surface privative du lot (loi Carrez).
En copropriété, le délai de rétractation de 10 jours ne commence qu'une fois reçus la fiche synthétique, le règlement de copropriété, les procès-verbaux des 3 dernières assemblées et les informations financières du lot et de la copropriété. Pour aller plus loin sur les diagnostics, voir la liste des diagnostics obligatoires et les charges et le syndic en copropriété.
La deuxième visite : ce qu'il faut refaire autrement
- Changez d'horaire : soir de semaine si la première visite avait lieu un samedi matin, pour le bruit, la circulation et la lumière.
- Venez accompagné d'un proche ou d'un professionnel du bâtiment si un point technique vous inquiète.
- Prenez des mesures (pièces, murs pour les meubles, largeur des accès) : la surface de l'annonce ne dit rien de l'agencement.
- Vérifiez ce que vous avez noté lors de la première visite et les réponses du vendeur.
- Passez à la mairie, service de l'urbanisme, pour les projets du quartier et les règles applicables à la parcelle.
Après la visite : décider sans se précipiter
Comparez le prix demandé aux ventes réelles du secteur, par exemple avec l'estimation ICITOO, puis chiffrez votre budget complet avec le simulateur. Si vous formulez une offre, faites-le par écrit avec une date, une durée de validité, la désignation du bien et le prix proposé (modèle d'offre d'achat). Service Public prévient : « Aucune somme ne doit être versée lors de l'acceptation de l'offre d'achat, car cela entraîne la nullité de l'offre. » (Source) Pour argumenter une baisse, voir les méthodes d'estimation.
Erreurs à éviter et qui contacter
- Visiter une seule fois, à l'heure choisie par le vendeur.
- Se fier à la décoration : une peinture fraîche sur une seule zone cache parfois une trace d'humidité.
- Négliger les parties communes : leur état annonce les futurs appels de fonds.
- Faire une offre avant d'avoir vu l'état des risques et le DPE.
- Verser un acompte à la signature de l'offre.
Pour un avis neutre et gratuit sur un projet d'achat, contactez l'ADIL de votre département ; pour l'urbanisme, la mairie ; pour les diagnostics, un diagnostiqueur certifié.
En cas de doute sur un document ou sur un engagement, faites-vous conseiller par un notaire, un avocat ou l'ADIL avant de signer une offre ou une promesse.
Sources
- Diagnostic immobilier : état des risques — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Achat d'un logement en copropriété — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Diagnostic immobilier : diagnostic de performance énergétique (DPE) — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Quels sont les diagnostics immobiliers à fournir en cas de vente d'un logement ? — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
