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Acheter pour louer : comment calculer la rentabilité réelle d'un investissement
Rendement brut, net et net-net, charges déductibles, vacance, fiscalité vide ou meublée et règles DPE : la méthode de calcul, avec un exemple chiffré.
La rentabilité réelle d'un achat locatif se calcule en retirant des loyers réellement encaissés toutes les charges du propriétaire (taxe foncière, copropriété non récupérable, assurance, gestion, entretien) puis l'impôt, et en rapportant ce revenu au coût total de l'opération : prix, frais d'acquisition et travaux. Le rendement brut affiché dans une annonce n'est qu'un point de départ : sur l'exemple chiffré ci-dessous, il est divisé par trois une fois charges et impôts déduits.
Trois rendements à ne pas confondre
| Indicateur | Calcul | Ce qu'il mesure |
| --- | --- | --- |
| Rendement brut | Loyers annuels hors charges ÷ coût total d'acquisition | Le potentiel théorique du bien |
| Rendement net de charges | (Loyers encaissés − charges du propriétaire) ÷ coût total | Ce que le bien rapporte avant impôt |
| Rendement net-net | (Loyers encaissés − charges − impôts) ÷ coût total | Ce qui vous reste réellement |
Si vous empruntez, ajoutez un quatrième indicateur, le cash-flow : revenus nets moins mensualités de crédit (capital, intérêts, assurance). Un bien peut être rentable sur le papier et exiger chaque mois un effort d'épargne.
Le calcul pas à pas, sur un exemple
Tous les montants de cet exemple sont fictifs : ils illustrent la méthode et ne décrivent aucun marché réel.
1. Coût total : prix 150 000 € + frais d'acquisition 12 000 € + travaux 8 000 € = 170 000 €.
2. Loyer théorique : 700 € par mois hors charges, soit 8 400 € par an. Rendement brut : 8 400 ÷ 170 000 = 4,94 %.
3. Vacance : un mois sans locataire ramène les loyers encaissés à 7 700 €.
4. Charges du propriétaire : taxe foncière 900 €, charges de copropriété non récupérables 400 €, assurance propriétaire non occupant 150 €, gestion à 7 % des loyers 539 €, entretien 400 €, soit 2 389 €.
5. Rendement net de charges : (7 700 − 2 389) ÷ 170 000 = 3,12 %.
6. Impôt : au micro-foncier, 70 % des loyers sont imposés (5 390 €). Avec une tranche d'imposition de 30 % et 17,2 % de prélèvements sociaux, l'impôt atteint 2 544 €.
7. Rendement net-net : (5 311 − 2 544) ÷ 170 000 = 1,63 %.
Au régime réel, les charges effectivement payées et les intérêts d'emprunt se déduisent. Avec 3 000 € d'intérêts la première année, le revenu imposable tomberait à 2 311 €, et l'impôt à environ 1 091 € dans la même hypothèse. Le choix du régime change donc fortement le résultat. Pour la partie crédit, testez vos mensualités avec le simulateur.
Les charges qui font la différence
Les charges déductibles au réel
Service Public cite notamment les frais de réparation et d'entretien, les travaux d'amélioration, les provisions pour charges de copropriété, les frais de gestion, les primes d'assurance, les intérêts d'emprunt et certains impôts comme la taxe foncière. En revanche, « Les travaux de construction (agrandissement, transformation par exemple) ne sont pas déductibles. » (Source)
Les contraintes qui pèsent sur le loyer
- Le DPE : un logement classé G est considéré comme non décent depuis le 1er janvier 2025 pour les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions ; ce sera le cas des logements classés F en 2028 et E en 2034. En métropole, pour les baux signés, renouvelés ou reconduits depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être révisé ni augmenté. Voir DPE : impact sur la vente et la location.
- L'encadrement des loyers : en zone tendue, l'évolution du loyer entre deux locataires est encadrée ; dans certaines villes, le niveau même du loyer est plafonné. Voir Encadrement des loyers.
- Le permis de louer : dans les zones définies par la commune, une déclaration ou une autorisation préalable est exigée, sous peine d'amende pouvant atteindre 5 000 €.
La fiscalité : vide ou meublé
Location vide (revenus fonciers)
- Micro-foncier si vos revenus fonciers ne dépassent pas 15 000 € par an : abattement forfaitaire de 30 %, aucune charge déductible.
- Régime réel au-delà, ou sur option pour 3 ans : charges réelles déductibles. Le déficit hors intérêts s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, portée à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique payés jusqu'au 31 décembre 2027.
- Les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers restent à 17,2 %. L'administration précise que la hausse de CSG de 2026 ne les concerne pas : « Les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l’assurance-vie, l’épargne logement restent soumis au taux de 9,2 %. » (Source)
- La loi de finances pour 2026 crée un dispositif d'amortissement d'une fraction du prix pour les logements acquis en vue d'une location nue entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, sous plafonds de loyers et de ressources, avec un engagement de location de 9 ans.
Location meublée (LMNP)
- Micro-BIC : abattement de 50 % pour la location meublée de longue durée, si les recettes ne dépassent pas 77 700 € (revenus 2025) ou 83 600 € (revenus 2026).
- Régime réel : déduction des charges et de l'amortissement du logement et du mobilier. Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, sous conditions.
- Les revenus de location meublée ne figurent pas dans la liste des revenus maintenus à 9,2 % de CSG : faites confirmer le taux de prélèvements sociaux applicable à votre situation.
Le guide LMNP : statut du loueur meublé et la comparaison Bail meublé ou non meublé détaillent ces choix. Des modèles de déclaration des revenus fonciers et de déclaration LMNP sont disponibles.
Les étapes avant d'acheter
1. Estimer le loyer réaliste à partir des annonces comparables et des références locales, pas du loyer espéré.
2. Vérifier les règles de la commune : zone tendue, encadrement, permis de louer.
3. Contrôler le DPE et chiffrer les travaux nécessaires pour rester louable jusqu'en 2034.
4. Lister les charges : dernier avis de taxe foncière, procès-verbaux d'assemblée générale et charges de copropriété.
5. Comparer micro et réel, vide et meublé, sur trois à cinq ans.
6. Calculer le cash-flow avec l'offre de prêt, assurance comprise.
7. Prévoir une réserve pour la vacance et les impayés : garantie des loyers ou caution du locataire.
Cas particuliers
- Achat en SCI : la société est imposée différemment selon son régime ; voir SCI familiale.
- Location à des étudiants : bail meublé, colocation ou bail mobilité modifient la vacance et la gestion.
- Meublé de tourisme : régime fiscal distinct (abattement de 30 % dans la limite de 15 000 € pour un meublé non classé) et règles locales propres.
- Logement à rénover : les travaux d'amélioration sont déductibles au réel, les travaux d'agrandissement ne le sont pas.
Erreurs à éviter
- Raisonner sur le rendement brut sans vacance ni charges.
- Oublier l'impôt et les prélèvements sociaux.
- Acheter un logement classé F ou G sans budget de travaux : il deviendra non décent et son loyer est gelé.
- Ignorer l'encadrement des loyers : l'amende peut atteindre 5 000 € pour un particulier.
- Choisir le régime fiscal par habitude, sans simulation.
Qui contacter
- L'ADIL de votre département pour les règles locatives et fiscales de base.
- Le service des impôts des particuliers pour le choix de régime.
- Un expert-comptable si vous optez pour le réel en meublé.
- La mairie pour le permis de louer et les projets d'urbanisme du quartier.
- Le notaire pour les frais d'acquisition et le montage juridique.
Un investissement locatif engage votre fiscalité sur plusieurs années : en cas de doute, faites valider vos calculs par un notaire, un expert-comptable, un avocat ou l'ADIL avant de signer.
Sources
- Impôt sur le revenu - Revenus locatifs (location non meublée) — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Impôt sur le revenu - Revenus d'une location meublée — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Principales nouveautés revenus 2025 — impots.gouv.fr (DGFiP), consulté le 27 septembre 2026
- En quoi consiste l'encadrement des loyers à respecter en zone tendue ? — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Diagnostic de performance énergétique - DPE — Ministère de la Transition écologique, consulté le 27 septembre 2026
- Peut-on mettre en location un logement dans une zone d'habitat dégradé ou indigne ? — Service Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
