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Revenus fonciers : micro-foncier ou régime réel, lequel choisir ?
Seuil de 15 000 €, abattement de 30 %, charges déductibles, déficit foncier et option de trois ans : comment choisir le régime de vos loyers de location vide.
Si vos loyers de location vide ne dépassent pas 15 000 € par an, vous êtes au micro-foncier : l'administration retire automatiquement 30 % de frais et impose les 70 % restants. Le régime réel devient plus avantageux dès que vos charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, assurance) dépassent 30 % de vos loyers, mais l'option vous engage pour trois ans.
Qui relève de quel régime
Le micro-foncier s'applique de plein droit quand deux conditions sont réunies, selon le dépliant de la DGFiP sur les revenus fonciers publié en mars 2026 :
- les revenus fonciers bruts de tout le foyer fiscal, toutes propriétés confondues, ne dépassent pas 15 000 € sur l'année, quelle que soit la durée de la location ;
- ils proviennent uniquement de locations nues ordinaires.
Sont notamment exclus du micro-foncier : les monuments historiques, les immeubles détenus en nue-propriété, les logements sous dispositif de déduction spécifique (conventionnement Anah « Cosse » ou « Borloo ancien ») ou d'amortissement (Périssol, Besson neuf, Robien, Borloo neuf), ceux qui bénéficient de la réduction d'impôt Loc'Avantages, et le propriétaire qui ne détient que des parts de SCI. Dans tous ces cas, le régime réel est obligatoire.
Attention : la location meublée n'est pas concernée. Ses recettes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, avec d'autres seuils et abattements, présentés dans notre guide LMNP.
Comment le revenu imposable est calculé
Au micro-foncier
Vous déclarez un seul chiffre : le revenu brut. Service-Public le définit ainsi : loyers encaissés, plus les dépenses normalement à votre charge mais payées par le locataire, plus les subventions et indemnités reçues, moins les charges locatives que le locataire vous rembourse.
L'abattement de 30 % couvre forfaitairement toutes vos charges. Vous ne pouvez rien déduire d'autre, et le micro-foncier ne peut jamais créer de déficit.
Exemple : un studio loué 800 € par mois hors charges rapporte 9 600 € par an. Le revenu imposable est de 6 720 €. Il s'ajoute à vos autres revenus au barème de l'impôt sur le revenu et supporte 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 1 155,84 €. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur d'autres revenus du capital, mais impots.gouv.fr précise que les revenus fonciers restent au taux de CSG de 9,2 %, d'où le total inchangé de 17,2 %.
Au régime réel
Vous déduisez des loyers le montant exact des charges payées dans l'année, justificatifs à l'appui. Service-Public cite comme principales charges déductibles :
- les frais de réparation et d'entretien ;
- les travaux d'amélioration, par exemple de rénovation énergétique ;
- les provisions pour charges de copropriété, régularisées l'année suivante ;
- les frais de gestion ; la déclaration n° 2044 prévoit en plus un forfait de 20 € par local pour les autres frais de gestion ;
- les primes d'assurance : habitation, loyers impayés, emprunteur ;
- les intérêts d'emprunt ;
- certains impôts, dont la taxe foncière.
Les travaux qui ne se déduisent pas
impots.gouv.fr est catégorique : « Les dépenses de construction, reconstruction ou d'agrandissement ne sont jamais déductibles. » (Source) Cela vise les travaux qui touchent fortement au gros œuvre, augmentent la surface habitable ou équivalent à une reconstruction. Les réparations locatives, qui incombent au locataire, ne sont pas non plus déductibles en principe, même si vous ne lui en demandez pas le remboursement.
Comparer les deux régimes sur votre cas
Le calcul est simple : additionnez vos charges déductibles de l'année et comparez-les à 30 % de vos loyers bruts. Trois situations pour le même studio à 9 600 € de loyers annuels :
| Situation | Charges réelles | Imposable au micro | Imposable au réel | Régime le plus favorable |
|---|---|---|---|---|
| Bien payé, peu de frais | 1 800 € | 6 720 € | 7 800 € | micro-foncier |
| Crédit en cours et taxe foncière | 4 800 € | 6 720 € | 4 800 € | réel |
| Année de gros travaux | 19 500 € | 6 720 € | déficit de 9 900 € | réel |
Dans le troisième cas, le déficit ne provient pas d'intérêts d'emprunt : il s'impute sur votre revenu global de l'année, par exemple vos salaires, dans la limite de 10 700 €. Le raisonnement doit toutefois porter sur trois ans, puisque l'option vous y engage.
Le cas du déficit foncier
Quand les charges dépassent les loyers, le régime réel dégage un déficit. Les règles, confirmées par Service-Public :
- la part du déficit qui ne vient pas des intérêts d'emprunt se déduit du revenu global, jusqu'à 10 700 € par an ;
- cette limite est portée jusqu'à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique faisant passer un logement d'une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D, avec un devis accepté depuis le 5 novembre 2022 et des dépenses payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027 ; la loi de finances pour 2026 a prolongé ce dispositif jusqu'à cette date ;
- le reste, y compris la part due aux intérêts, se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes ;
- si votre revenu global ne suffit pas à absorber la part imputable, l'excédent se reporte sur le revenu global des six années suivantes.
La contrepartie : le logement doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année qui suit l'imputation, sauf licenciement, invalidité, décès ou expropriation. Si vous vendez ou reprenez le logement avant, l'avantage est remis en cause.
Opter pour le réel : mode d'emploi
1. Faites le calcul sur trois ans, en intégrant les travaux prévus et la fin éventuelle de votre crédit.
2. Déposez la déclaration n° 2044 avec votre déclaration de revenus : c'est ce dépôt qui vaut option, sans autre formalité. Notre modèle de déclaration n° 2044 aide à rassembler les montants.
3. Tenez un dossier de justificatifs : factures, tableau d'amortissement du prêt, avis de taxe foncière, appels de charges. La DGFiP recommande de les conserver trois ans ; en cas de contrôle sans justificatif, le revenu peut être évalué d'office.
4. Respectez la durée : une option exercée en 2026 sur les revenus de 2025 vaut jusqu'à l'imposition des revenus de 2027, déclarés en 2028. Ensuite, elle se reconduit d'année en année et vous pouvez revenir au micro-foncier.
Cas particuliers
Vous dépassez 15 000 € en cours de route
Le régime réel s'applique alors de plein droit pour l'année concernée, avec dépôt obligatoire de la déclaration n° 2044. Si vos recettes repassent sous le seuil, le micro-foncier redevient applicable.
Vous êtes associé d'une SCI à l'impôt sur le revenu
Vous ne pouvez prendre le micro-foncier que si vous louez aussi un logement nu en direct et que le total de vos recettes, quote-part de la société comprise, ne dépasse pas 15 000 €. La comparaison avec d'autres structures figure dans notre guide sur la SCI familiale.
Vous achetez pour louer vide depuis le 21 février 2026
La loi de finances pour 2026 crée un dispositif permettant de déduire des revenus fonciers l'amortissement d'une fraction du prix d'acquisition d'un logement loué nu, sous plafonds de loyers et de ressources et avec un engagement de location de neuf ans. Il concerne les acquisitions ou demandes de permis de construire réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Une déduction d'amortissement n'étant possible qu'en déclarant ses charges réelles, ce dispositif suppose en pratique le régime réel : faites vérifier les conditions détaillées auprès de votre service des impôts avant d'acheter.
Erreurs à éviter
- Oublier le dépôt de garantie conservé : utilisé pour couvrir des loyers impayés ou une remise en état, il devient une recette imposable.
- Opter pour le réel pour une seule année de travaux sans vérifier les deux années suivantes, où l'abattement de 30 % aurait pu être plus favorable.
- Déduire un agrandissement ou une transformation : l'administration le réintégrera.
- Arrêter de louer trop tôt après avoir imputé un déficit sur son revenu global.
Qui contacter
- Votre service des impôts des particuliers, via la messagerie sécurisée de votre espace en ligne, ou le 0809 401 401.
- L'ADIL de votre département, pour un conseil gratuit sur la location et sa fiscalité.
- Un expert-comptable ou un notaire, pour un patrimoine important ou un projet de travaux lourds.
Les choix fiscaux engagent sur plusieurs années : en cas de doute, faites valider votre calcul par un professionnel ou par votre service des impôts avant de déposer la déclaration.
Sources
- Impôt sur le revenu - Revenus locatifs (location non meublée) — Service-Public, consulté le 27 septembre 2026
- Revenus fonciers (dépliant GP 172, mars 2026) — impots.gouv.fr, consulté le 27 septembre 2026
- Quels travaux puis-je déduire de mes revenus fonciers ? — impots.gouv.fr, consulté le 27 septembre 2026
- Principales nouveautés revenus 2025 — impots.gouv.fr, consulté le 27 septembre 2026
