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Surface réelle plus petite que dans le bail : obtenir une baisse de loyer
Écart de plus de 5 % entre la surface du bail et la surface habitable réelle : calcul de la baisse, lettre au bailleur, délais de 2, 4 et 6 mois.
Si la surface habitable réelle de votre logement loué vide est inférieure de plus de 5 % à celle écrite dans le bail, vous pouvez obtenir une baisse de loyer proportionnelle à l'écart, en la demandant d'abord au propriétaire par lettre recommandée. Sans accord dans les 2 mois, le juge doit être saisi dans les 4 mois suivant votre demande, et la baisse remonte à la signature du bail si vous agissez dans les 6 mois qui la suivent.
La règle : un écart de plus d'un vingtième
Depuis la loi Alur, l'article 3-1 de la loi du 6 juillet 1989 organise une action en diminution de loyer lorsque la surface habitable du logement est inférieure de plus d'un vingtième (5 %) à celle exprimée dans le contrat. Service-Public la résume ainsi : « Si le bail mentionne une surface supérieure de plus de 5 % à la surface réelle du logement loué, le locataire peut demander au propriétaire une diminution de loyer proportionnelle à l'écart constaté. » (Source)
Trois conditions doivent être réunies :
1. Un bail de logement vide constituant votre résidence principale (le cas du meublé est traité plus bas).
2. Une surface habitable indiquée dans le bail, puisque la loi impose de la mentionner.
3. Un écart supérieur à 5 % entre la surface écrite et la surface réellement mesurée.
La DGCCRF rappelle aussi que la surface habitable indiquée dans une annonce de location doit être identique à celle du bail.
Quelle surface compte : la surface habitable
La loi vise la surface habitable définie par l'article R156-1 du Code de la construction et de l'habitation, que reprend la notice officielle d'un formulaire de l'Anah : c'est « la surface de plancher construite, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches et cages d'escaliers, gaines, embrasures de portes et de fenêtres ».
Ne sont pas comptés :
- les combles non aménagés, caves, sous-sols, remises et garages ;
- les terrasses, loggias, balcons, séchoirs extérieurs et vérandas ;
- les locaux communs et autres dépendances ;
- les parties de pièces d'une hauteur inférieure à 1,80 mètre.
Cette surface n'est pas la surface « loi Carrez », utilisée pour la vente d'un lot de copropriété, même si les deux sont souvent proches. Pour la vente, reportez-vous au guide loi Carrez : erreur de surface et recours.
Calculer l'écart et la baisse possible
La baisse est proportionnelle à tout l'écart constaté, et pas seulement à la part qui dépasse 5 %. Deux exemples fictifs :
| Surface dans le bail | Surface mesurée | Écart | Action possible ? | Loyer de 900 € ramené à |
|---|---|---|---|---|
| 50 m² | 48 m² | 4 % | Non (5 % ou moins) | 900 € |
| 50 m² | 46 m² | 8 % | Oui | 828 € (900 € × 46 / 50) |
Dans le second exemple, la baisse est de 72 € par mois. Si la demande est faite dans les 6 mois qui suivent la signature du bail, la baisse s'applique depuis cette signature : le propriétaire doit alors rembourser la différence sur les loyers déjà payés.
La procédure, étape par étape
1. Faire mesurer le logement. Vous pouvez mesurer vous-même, mais un métré établi par un professionnel (un diagnostiqueur, par exemple) pèse davantage face au bailleur et au juge. Conservez le rapport.
2. Envoyer la demande au propriétaire (ou à l'agence qui gère le bien) par lettre recommandée avec accusé de réception. Indiquez la surface du bail, la surface mesurée, le pourcentage d'écart, le nouveau loyer demandé et joignez le métré. Cette demande préalable est indispensable : c'est elle qui fait courir les délais.
3. Attendre la réponse : le propriétaire a 2 mois à compter de la réception pour répondre.
4. En cas d'accord, faites-le formaliser par écrit (avenant au bail ou courrier signé), avec le nouveau loyer et le remboursement éventuel.
5. En cas de refus ou de silence, saisissez le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement, dans les 4 mois qui suivent l'envoi de votre demande. L'avocat n'est pas obligatoire devant ce juge.
6. Le juge fixe la baisse à appliquer, après examen des mesures produites. Il peut ordonner une expertise si les métrés se contredisent.
Les délais à retenir
| Étape | Délai |
|---|---|
| Réponse du propriétaire | 2 mois à compter de la réception de la demande |
| Saisine du juge | Dans les 4 mois qui suivent la demande |
| Effet de la baisse | Depuis la signature du bail si la demande intervient dans les 6 mois qui la suivent ; sinon, à partir de la date de la demande |
Cas particuliers
Le bail ne mentionne aucune surface
Service-Public décrit une procédure distincte : le locataire met en demeure le propriétaire, par lettre recommandée, d'indiquer la surface dans le mois qui suit la signature du bail. Le propriétaire dispose à son tour d'un mois pour répondre. En cas de refus ou de silence, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir une diminution de loyer, dans un délai de 3 mois à partir de la mise en demeure.
La location meublée
La fiche de Service-Public consacrée au bail meublé est plus restrictive : le locataire peut demander une diminution proportionnelle s'il prouve que le propriétaire a intentionnellement indiqué une surface erronée. La démarche (lettre recommandée, 2 mois, 4 mois, effet rétroactif) est ensuite la même. Cette preuve de l'intention est difficile à apporter : un conseil de l'ADIL est utile avant d'agir.
L'erreur est en faveur du locataire
Si le logement se révèle plus grand que la surface du bail, l'action de l'article 3-1 ne joue qu'au profit du locataire : elle ne prévoit aucune hausse de loyer correspondante. Les hausses de loyer suivent d'autres règles, expliquées dans le guide révision du loyer avec l'IRL.
Les villes où les loyers sont encadrés
Dans les communes soumises à l'encadrement, la surface entre dans le calcul du loyer maximal autorisé. Une surface surévaluée peut donc aussi masquer un dépassement du plafond : voir le guide complément de loyer et encadrement.
Erreurs à éviter
- Réduire soi-même le loyer avant tout accord ou jugement : vous vous exposeriez à une procédure pour impayé.
- Saisir le juge sans demande préalable au bailleur : la loi prévoit d'abord la demande amiable, dont la date fait courir les délais.
- Laisser passer les 4 mois après la demande : au-delà, la saisine du juge dans ce cadre n'est plus possible.
- Attendre plus de 6 mois après l'entrée dans les lieux : la baisse ne vaudra alors que pour l'avenir.
- Compter les surfaces exclues (balcon, cave, parties sous 1,80 m) ou mesurer « au sol » sans déduire les murs et cloisons.
- Confondre surface habitable et surface Carrez dans le courrier au bailleur.
Qui contacter
- L'ADIL de votre département, pour vérifier votre métré et votre courrier, gratuitement.
- Le conciliateur de justice ou la commission départementale de conciliation, gratuits, pour tenter un accord.
- Le juge des contentieux de la protection, compétent pour les litiges liés au bail d'habitation quel que soit le montant.
Avant de saisir le juge, faites relire votre dossier par l'ADIL ou un avocat : les délais de cette action sont courts et une erreur de calcul peut la faire échouer.
Sources
- Rédaction du bail d'habitation (contrat de location) — Service-Public.fr, consulté le 27 septembre 2026
- Notice explicative pour la conclusion d'une convention avec l'Anah (définition de la surface habitable) — Service-Public.fr, consulté le 27 septembre 2026
- L'agent immobilier : les règles qui encadrent la profession — DGCCRF, consulté le 27 septembre 2026
- Saisir le juge des contentieux de la protection (crédits, bail d'habitation) — Justice.fr, consulté le 27 septembre 2026
