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Animaux en location : le propriétaire peut-il interdire chien ou chat ?
Clause d'interdiction réputée non écrite, exception des chiens de 1re catégorie, dégâts et troubles de voisinage : les règles pour locataires et bailleurs.
Dans une location à usage de résidence principale, vide ou meublée, le bailleur ne peut pas interdire au locataire d'avoir un animal de compagnie : la clause qui le prévoit est réputée non écrite depuis la loi du 9 juillet 1970. Il ne peut valablement interdire que les chiens d'attaque (1re catégorie), et le locataire reste responsable des dégâts et des troubles causés par son animal.
Ce que dit la loi
La règle tient en quelques lignes, à l'article 10 de la loi n° 70-598 du 9 juillet 1970, toujours en vigueur : « Sauf dans les contrats de location saisonnière de meublés de tourisme, est réputée non écrite toute stipulation tendant à interdire la détention d'un animal dans un local d'habitation dans la mesure où elle concerne un animal familier. Cette détention est toutefois subordonnée au fait que ledit animal ne cause aucun dégât à l'immeuble ni aucun trouble de jouissance aux occupants de celui-ci » (Source).
Trois conséquences en découlent :
- La clause d'interdiction est sans effet, même si le locataire a signé le bail. Elle est considérée comme n'ayant jamais été écrite ; le reste du bail s'applique normalement.
- Le droit est conditionnel : l'animal ne doit ni dégrader l'immeuble ni troubler les autres occupants.
- Une exception expresse : le même article déclare licite la clause qui interdit la détention d'un chien de 1re catégorie.
Service-Public confirme la lecture : un locataire qui occupe le logement comme résidence principale peut détenir un ou plusieurs animaux de compagnie, à condition de respecter la tranquillité du voisinage.
Ce que le bailleur peut et ne peut pas faire
| Le bailleur peut | Le bailleur ne peut pas |
|---|---|
| Interdire dans le bail les chiens d'attaque (1re catégorie) | Interdire chats, chiens non catégorisés, rongeurs, oiseaux ou poissons dans un bail de résidence principale |
| Interdire tout animal dans un meublé de tourisme | Exiger à l'entrée une somme « pour l'animal » en plus du dépôt de garantie |
| Retenir sur le dépôt de garantie le coût de dégradations prouvées par l'état des lieux | Mettre à la charge du locataire des dégâts sans comparaison avec l'état des lieux d'entrée |
| Agir en justice si l'animal cause des troubles de voisinage | Entrer dans le logement pour « vérifier » la présence d'un animal |
Le refus d'une somme supplémentaire s'appuie sur l'article 4 o de la loi du 6 juillet 1989, qui répute non écrite la clause imposant au locataire, à l'entrée dans les lieux, des sommes en plus de celles prévues par la loi (Source). Pour le fonctionnement des retenues, voir le guide sur le dépôt de garantie.
Le cas des chiens catégorisés
Service-Public distingue deux catégories de chiens susceptibles d'être dangereux :
- 1re catégorie, chiens d'attaque : chiens sans pedigree issus de croisements assimilables aux races American Staffordshire terrier (dits pit-bulls), Mastiff (dits boerbulls) ou Tosa. C'est la seule catégorie que le bail peut interdire.
- 2e catégorie, chiens de garde et de défense : chiens de race American Staffordshire terrier, Rottweiler et Tosa, avec pedigree, ainsi que les croisements assimilables au Rottweiler. L'exception du texte de 1970 ne vise que la 1re catégorie : pour un chien de 2e catégorie, c'est la règle générale qui s'applique.
Détenir un chien de 1re catégorie suppose, entre autres, un permis de détention délivré par le maire, une stérilisation, une vaccination antirabique et une assurance de responsabilité civile. Il n'est plus possible d'en acheter, d'en vendre ou d'en donner. Un bailleur qui constate la présence d'un tel chien malgré une clause licite peut demander au juge de faire respecter le bail.
Les obligations du locataire qui a un animal
Répondre des dégâts
L'article 7 c de la loi de 1989 rend le locataire responsable des dégradations survenues pendant le bail. Griffures sur les portes, moquette abîmée, odeurs persistantes : ce qui n'existait pas à l'entrée et ne relève pas de l'usure normale peut être retenu sur le dépôt de garantie. D'où l'intérêt d'un état des lieux d'entrée précis, photos datées à l'appui.
Respecter la tranquillité des voisins
Aboiements continus, animal laissé seul des journées entières, déjections dans les parties communes : ces troubles engagent la responsabilité du locataire. Le règlement de copropriété, que le locataire doit respecter, peut aussi encadrer l'usage des parties communes. Un voisin gêné peut utiliser le modèle de mise en demeure pour bruit excessif.
Vérifier son assurance
Les dommages causés par un animal à des tiers relèvent de la responsabilité civile. Vérifiez que votre contrat d'assurance habitation la comprend : la garantie des risques locatifs, seule obligatoire pour un locataire, ne couvre que le logement loué.
En cas de désaccord : les étapes
Côté locataire, face à une clause d'interdiction
1. Relire le bail pour identifier la clause et le type de location (résidence principale ou meublé de tourisme).
2. Répondre par écrit au bailleur en citant l'article 10 de la loi du 9 juillet 1970 : la clause est réputée non écrite pour un animal familier non catégorisé en 1re catégorie.
3. Consulter l'ADIL si le bailleur maintient sa position.
4. Tenter une conciliation, gratuite, avant toute action en justice.
Côté bailleur, face à un animal qui cause des troubles
1. Constituer des preuves : plaintes écrites de voisins, constat, photos des dégradations.
2. Mettre en demeure le locataire de faire cesser les troubles, par lettre recommandée.
3. Saisir le conciliateur de justice, puis, si nécessaire, le juge des contentieux de la protection, qui peut ordonner la cessation du trouble, accorder des dommages-intérêts ou prononcer la résiliation du bail pour manquement à l'obligation d'user paisiblement des lieux.
Attention : une clause résolutoire ne peut jouer pour des troubles de voisinage que s'ils ont été constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée (article 4 g de la loi de 1989). Le bailleur ne peut donc pas considérer le bail comme résilié de lui-même.
Cas particuliers
- Location meublée de résidence principale : même règle qu'une location vide, l'animal familier ne peut pas être interdit.
- Meublé de tourisme : le loueur peut interdire tout animal dans le contrat de location saisonnière. Lisez l'annonce et le contrat avant de réserver.
- Choix du locataire : la détention d'un animal ne figure pas parmi les critères de discrimination listés par la loi. Mais une fois le bail signé, le bailleur ne peut pas s'appuyer sur une clause d'interdiction pour un animal familier.
Erreurs à éviter
- Cacher un chien de 1re catégorie alors que le bail l'interdit valablement : c'est un manquement au bail, en plus des obligations pénales propres à ces chiens.
- Négliger l'état des lieux de sortie : faire réparer soi-même les petites dégradations avant le départ coûte souvent moins cher qu'une retenue.
- Pour le bailleur : réclamer une « caution animal » : toute somme en plus du dépôt de garantie légal est interdite.
- Pour le bailleur : se faire justice en entrant dans le logement ou en coupant un service pour pousser au départ.
Qui contacter
- L'ADIL de votre département, pour un avis juridique gratuit sur une clause du bail.
- Le conciliateur de justice, gratuit, pour un conflit de voisinage ou avec le bailleur.
- La mairie, pour le permis de détention d'un chien de 1re catégorie.
- Le juge des contentieux de la protection, pour les litiges locatifs qui n'ont pas trouvé d'issue amiable.
En cas de doute sur la validité d'une clause ou de litige avec votre bailleur ou votre locataire, demandez conseil à l'ADIL ou à un avocat avant d'agir.
Sources
- Article 10 - Loi n° 70-598 du 9 juillet 1970 — Légifrance, consulté le 27 septembre 2026
- Le bail (ou contrat de location) peut-il interdire les animaux dans le logement ? — Service-Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Avoir un chien de catégorie : quelles sont les règles ? — Service-Public (DILA), consulté le 27 septembre 2026
- Article 4 - Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs — Légifrance, consulté le 27 septembre 2026
- Article 7 - Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs — Légifrance, consulté le 27 septembre 2026
