💰 Fiscalité
Taxe d'habitation sur une résidence secondaire : qui paie et quelle majoration en 2026 ?
Calcul de la taxe d'habitation d'une résidence secondaire, majoration de 5 à 60 % en zone tendue, cas de dégrèvement et nouveautés 2027.
Si vous disposez au 1er janvier d'un logement meublé qui n'est pas votre résidence principale, vous payez pour l'année entière la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS), égale à la valeur locative cadastrale multipliée par le taux voté localement. En zone tendue, la commune peut y ajouter une majoration de 5 % à 60 % : en 2026, 1 666 des 3 689 communes éligibles l'appliquent, dont 688 au taux maximal, selon la DGFiP.
Qui doit payer la taxe d'habitation sur une résidence secondaire ?
La taxe d'habitation sur les résidences principales a disparu en 2023, mais elle subsiste pour tous les autres logements meublés. Tout se joue au 1er janvier : la THRS est « établie pour l’année entière et dépend de votre situation au 1er janvier de l'année d'imposition » (Source).
Vous êtes redevable si vous avez la disposition ou la jouissance permanente d'un logement meublé que vous pouvez occuper à tout moment, que vous en soyez propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit. Quelques situations fréquentes :
- Maison de vacances, pied-à-terre en ville, appartement hérité resté meublé : THRS au nom de celui qui en a la jouissance au 1er janvier.
- Résidence secondaire louée à l'année : le locataire reçoit l'avis de THRS pour ce logement.
- Meublé que vous louez ponctuellement : la THRS reste à votre nom, sauf si les locaux sont aménagés et réservés exclusivement à la location.
- Logement proche du lieu de travail ou logement de fonction : c'est une deuxième résidence, traitée comme une résidence secondaire.
- Logement loué nu à un locataire qui en fait sa résidence principale : ni vous ni lui ne payez de taxe d'habitation.
La taxe s'étend aux dépendances immédiates (garage, parking privatif), même non meublées et non attenantes. Un logement vide de meubles ne relève pas de la THRS mais, selon la commune, de la taxe sur les logements vacants.
Comment est calculée la THRS ?
Le montant est obtenu en multipliant la valeur locative cadastrale du logement et de ses dépendances (un loyer théorique fixé par l'administration et revalorisé chaque année) par le taux d'imposition voté par la commune et, le cas échéant, l'intercommunalité. Service Public précise qu'il n'est pas possible d'estimer soi-même ce montant : pour une estimation, il faut s'adresser au service des impôts fonciers du lieu du bien.
L'avis d'imposition arrive au dernier trimestre de l'année et reste consultable dans votre espace impots.gouv.fr. Si vous possédez des biens dans plusieurs communes, vous recevez un avis par commune. La taxe foncière, due par le propriétaire, s'y ajoute séparément : voir Taxe foncière : calcul, exonérations et contestation.
La majoration en zone tendue : jusqu'à 60 %
Quelles communes peuvent l'appliquer ?
Seules les communes situées dans le zonage de la taxe sur les logements vacants peuvent majorer la part communale de la THRS : agglomérations de plus de 50 000 habitants marquées par un déséquilibre entre offre et demande de logements et, depuis le 1er janvier 2024, communes où la proportion de résidences secondaires est élevée. La majoration n'est jamais automatique : elle suppose une délibération du conseil municipal, prise avant le 1er octobre pour s'appliquer l'année suivante. Le simulateur officiel « Vérifier si la TLV s'applique à votre commune » indique si votre commune est dans ce zonage.
La doctrine fiscale fixe la fourchette : « Le taux de la majoration de cotisation de la taxe d'habitation est fixé par la commune par une délibération […]. Il est compris entre 5 % et 60 %. » (Source)
Ce que votent les communes en 2026
| Indicateur DGFiP 2026 | Valeur |
|---|---|
| Communes pouvant instituer la majoration | 3 689 |
| Communes l'appliquant | 1 666 (45,2 %) |
| Communes au taux maximal de 60 % | 688 |
| Taux moyen de majoration | 41,8 % |
| Région où le recours est le plus fréquent | Bretagne (84,6 % des communes éligibles) |
Suivent la Nouvelle-Aquitaine (67,9 %) et les Pays de la Loire (65,1 %). En valeur absolue, Auvergne-Rhône-Alpes (342 communes) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (340) arrivent en tête.
Exemple
La majoration porte sur la seule part communale de la cotisation. Si cette part s'élève à 900 € et que la commune a voté 60 %, la majoration ajoute 540 € à votre avis. À 20 %, elle ajouterait 180 €.
Exonérations et dégrèvements possibles
Dégrèvement de la majoration
Vous pouvez demander à ne pas payer la majoration dans trois situations :
1. votre activité professionnelle vous oblige à occuper un logement distinct de l'habitation principale de votre famille ;
2. vous êtes hébergé durablement dans un établissement de soins de longue durée et votre ancienne résidence principale est devenue secondaire ;
3. le logement ne peut pas devenir une résidence principale pour une cause étrangère à votre volonté, par exemple des travaux indispensables. Dans une réponse ministérielle publiée le 3 juin 2025, le Gouvernement y inclut le logement « qui ne trouve pas preneur malgré sa mise en location ou en vente au prix du marché ».
La même réponse écarte en revanche l'éloignement géographique ou le maintien d'un lien familial comme motif de dégrèvement.
Exonération de la THRS elle-même
Votre ancien logement est exonéré à partir de l'année qui suit votre admission en Ehpad, maison de retraite ou centre de soins de longue durée. Une exonération existe aussi, sur réclamation, pour le logement retrouvé après un rapatriement organisé à la suite d'un appel à quitter une zone à l'étranger.
Meublés de tourisme et chambres d'hôtes : ce qui change en 2027
Pour 2026, seules les communes en zone France ruralités revitalisation pouvaient exonérer les meublés de tourisme classés et chambres d'hôtes (délibération prise avant le 1er octobre 2025, formulaire n° 1205-GD à déposer avant le 1er mars). À partir de l'imposition 2027, toutes les communes et intercommunalités pourront voter cette exonération, par délibération prise avant le 1er octobre 2026. Renseignez-vous auprès de votre mairie à l'automne.
Les démarches à connaître
1. Déclarez l'occupation de vos biens. Tout propriétaire indique, dans la rubrique « Gérer mes biens immobiliers » de son espace impots.gouv.fr, si chaque logement est une résidence principale, secondaire, vacant ou occupé par un tiers. La déclaration se fait avant le 1er juillet pour un logement jamais déclaré ou en cas de changement. Absence ou inexactitude : amende de 150 € par local. Voir notre modèle de déclaration d'occupation.
2. Vérifiez votre avis dès réception : adresse, dépendances, taux de majoration.
3. Réclamez si vous êtes imposé à tort : par la messagerie de votre espace (« Nous contacter »), au guichet ou par courrier, auprès du service des impôts dont dépend le logement. La réclamation ne suspend pas le paiement, mais vous pouvez demander un sursis de paiement.
4. Joignez vos justificatifs : attestation d'employeur, certificat d'hébergement, devis de travaux, mandats de vente ou de location au prix du marché.
Les erreurs à éviter
- Vendre ou louer le 2 janvier : la situation au 1er janvier fixe l'impôt de toute l'année, sans prorata.
- Oublier de mettre à jour la déclaration d'occupation après une mise en location ou une vente : vous risquez un avis erroné et l'amende de 150 €.
- Vider le logement pour « échapper » à la taxe : un logement non meublé peut devenir imposable à la taxe sur les logements vacants.
- Confondre exonération et dégrèvement : les motifs de dégrèvement ne visent que la majoration, pas la THRS de base.
- Attendre la dernière limite : une réclamation incomplète retarde le remboursement ; préparez vos preuves à l'avance.
Qui contacter ?
Pour une question sur votre avis : le service des impôts des particuliers ou le service des impôts fonciers du lieu du bien, ou le 0809 401 401 (du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h). Pour savoir si la commune a voté une majoration ou une exonération : la mairie. Pour arbitrer entre garder, louer ou vendre une résidence secondaire, l'ADIL de votre département vous informe gratuitement ; pour situer sa valeur, commencez par estimer votre bien.
En cas de doute sur votre situation ou de litige avec l'administration, rapprochez-vous d'un professionnel (avocat fiscaliste, notaire) ou de l'ADIL.
Sources
- Taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) — Service Public, consulté le 27 septembre 2026
- BOI-IF-TH-70 - Majoration de la taxe d'habitation des logements meublés non affectés à l'habitation principale — BOFiP-Impôts, consulté le 27 septembre 2026
- Majoration de taxe d’habitation sur les résidences secondaires 2026 — DGFiP, impots.gouv.fr, consulté le 27 septembre 2026
- Question n° 2556 : Majoration de la taxe d'habitation sur la résidence secondaire des Ultramarins — Assemblée nationale, consulté le 27 septembre 2026
- Vérifier si la taxe sur les logements vacants (TLV) s'applique à votre commune — Service Public, consulté le 27 septembre 2026
