Saint-Étienne-du-Rouvray offre un marché particulièrement lisible : moyenne et médiane y sont presque confondues. Ce guide s’appuie sur les 1 233 ventes des cinq dernières années recensées par les données DVF du ministère de l’Économie, qui situent le prix médian à 2 000 € le mètre carré, et sur la carte des loyers du ministère de la Transition écologique. Il présente les secteurs de la commune, le budget d’un achat selon la surface, les obligations du vendeur et du bailleur, et la lecture du recul des ventes.
Le marché en chiffres
Les données DVF (Demandes de valeurs foncières), publiées par le ministère de l’Économie, recensent 1 233 ventes à Saint-Étienne-du-Rouvray sur les cinq dernières années. Le prix médian s’établit à 2 000 € le mètre carré : la moitié des biens s’est vendue en dessous, l’autre moitié au-dessus. La moyenne, à 2 041 € le mètre carré, ne dépasse la médiane que d’à peine 2 %. Un écart aussi faible est rare : il indique un marché très homogène, où presque aucune vente n’atteint un prix éloigné du niveau courant. La médiane décrit donc fidèlement la valeur d’un bien ordinaire.
Le volume annuel a reculé : 233 ventes en 2024 contre 267 en 2023, soit une baisse de 12,7 %. Ce chiffre mesure l’activité du marché, pas l’évolution des prix. Les données publiées couvrent les ventes jusqu’à la fin de 2024.
Côté location, la carte des loyers donne un indicateur de loyer d’annonce de 12,0 €/m² charges comprises pour un appartement non meublé, avec un intervalle de prédiction de 9,3 à 15,4 €/m², et de 10,7 €/m² pour une maison, avec un intervalle de 8,4 à 13,5 €/m² (Estimations ANIL, à partir des données du Groupe SeLoger et de leboncoin ; annonces du 3e trimestre 2025). Les deux valeurs sont mesurées sur la commune elle-même, à partir d’un nombre d’annonces suffisant. Il s’agit de loyers demandés dans les annonces, pas de loyers signés : un bail peut s’en écarter.
Les quartiers et les secteurs
Saint-Étienne-du-Rouvray occupe la rive gauche de la Seine au sud de Rouen, entre Sotteville-lès-Rouen et Oissel, au sein de la Métropole Rouen Normandie. La commune réunit un centre ancien, des quartiers d’habitat collectif, des secteurs pavillonnaires et des zones d’activité.
Le Technopôle du Madrillet forme un secteur à part. Il accueille un campus d’enseignement supérieur réunissant notamment l’INSA Rouen Normandie, l’ESIGELEC et un site de l’université de Rouen Normandie, ainsi que des laboratoires et des entreprises. La station de métro Technopôle, terminus d’une branche du réseau rouennais, le relie au centre de Rouen. Pour un investisseur, cette présence étudiante peut soutenir la demande de studios et de petits appartements à proximité de la ligne.
La gare de Saint-Étienne-du-Rouvray, située sur la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre, est desservie par des trains TER Normandie. Elle offre aux actifs une alternative à la voiture pour rejoindre Rouen. Comme partout, la distance à pied jusqu’à une station de métro ou à la gare se mesure lors de la visite : elle pèse sur la revente comme sur la location.
Le budget complet d’un achat
Au prix médian de 2 000 € le mètre carré, le prix d’achat se situe autour de 80 000 € pour 40 m², 120 000 € pour 60 m² et 160 000 € pour 80 m². L’homogénéité du marché rend ces ordres de grandeur particulièrement parlants, mais un bien donné peut toujours s’en écarter selon son état, sa classe énergétique ou sa situation.
À ce prix s’ajoutent les frais d’acquisition, principalement les droits de mutation perçus par les collectivités et les émoluments du notaire. Dans un marché où les prix au mètre carré restent modérés, ces frais et le coût des travaux représentent une part sensible de l’effort total : le simulateur des Notaires de France permet de les chiffrer avant l’offre. Pour le financement, la Banque de France publie chaque mois les taux moyens des crédits à l’habitat.
Dans un immeuble en copropriété, il faut lire les derniers procès-verbaux d’assemblée générale, le montant des charges courantes et les travaux votés ou envisagés. Pour une maison, le diagnostic de performance énergétique donne une première idée du coût de l’isolation et du chauffage à prévoir. Lorsque le prix d’achat est bas, un programme de rénovation peut peser autant que le bien lui-même ; France Rénov, le service public de la rénovation de l’habitat, oriente les propriétaires vers les aides auxquelles ils peuvent prétendre.
La taxe foncière, votée localement, se renseigne auprès du vendeur, qui peut présenter son dernier avis d’imposition.
Les démarches et obligations
Le classement en zone tendue, qui réduit à un mois le préavis du locataire et encadre la fixation du loyer entre deux locataires (article 15 de la loi du 6 juillet 1989), résulte d’un décret dont la liste a été élargie en 2023 : il se vérifie pour Saint-Étienne-du-Rouvray sur Service-Public.fr. Le plafonnement des loyers par arrêté préfectoral est un dispositif distinct, qui ne concerne que les territoires qui l’ont demandé.
Le diagnostic de performance énergétique conditionne désormais la mise en location. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location (loi Climat et Résilience), et les classes F puis E suivront selon le calendrier légal. Pour un bailleur qui vise la clientèle étudiante, la classe énergétique d’un studio est donc un critère d’achat à part entière.
L’état des risques et pollutions doit être annexé à toute promesse de vente et à tout bail. Il se prépare à partir de Géorisques, le service du ministère de la Transition écologique qui indique, adresse par adresse, les risques naturels et technologiques recensés. Saint-Étienne-du-Rouvray bordant la Seine et comptant des zones d’activité, la fiche de l’adresse est à lire avant toute visite : elle réunit les risques naturels et technologiques recensés à proximité.
Pour toute question juridique ou financière, l’ANIL et le réseau des ADIL (anil.org) informent gratuitement locataires, bailleurs et acquéreurs. Service-Public.fr détaille les règles du bail, du préavis et de la vente.
L’évolution récente et ce qu’elle change
Le nombre de ventes a reculé de 12,7 % entre 2023 et 2024, passant de 267 à 233 transactions. Le marché est donc moins actif qu’un an plus tôt, sans que ce chiffre dise à lui seul si les prix ont baissé : les prochaines publications DVF permettront de le mesurer.
Pour un acheteur, un marché plus calme laisse le temps de comparer, et la très faible dispersion des prix facilite l’exercice : un bien proposé nettement au-dessus de 2 000 € le mètre carré doit justifier cet écart par des qualités précises, comme un état refait ou une bonne classe énergétique. Pour un vendeur, elle plaide pour un prix de départ aligné sur les ventes réellement conclues.
Côté location, l’indicateur de 12,0 €/m² pour un appartement non meublé fournit un repère pour fixer ou contrôler un loyer. Un bailleur doit le rapprocher du prix d’achat, des charges non récupérables, de la taxe foncière et du coût des travaux énergétiques, qui décident désormais de la capacité d’un logement à rester sur le marché locatif.