À Montélimar, la moitié des biens vendus en cinq ans l’a été sous 2 057 € par mètre carré, d’après les 3 384 ventes recensées par les données DVF du ministère de l’Économie. Ce guide explique ce que recouvrent ces chiffres, pourquoi le nombre de ventes a reculé sur la dernière année, ce que coûte un achat frais compris, quels loyers d’annonce mesure la carte des loyers 2025 et quelles obligations s’imposent à un acquéreur ou à un bailleur dans cette commune de la Drôme, entre vallée du Rhône et Provence.
Le marché en chiffres
Les données DVF (Demandes de valeurs foncières), publiées par le ministère de l’Économie, recensent 3 384 ventes à Montélimar sur les cinq dernières années. Le prix médian s’établit à 2 057 € par mètre carré : la moitié des biens s’est vendue en dessous, l’autre moitié au-dessus. La moyenne atteint 2 280 €, soit 10,8 % de plus que la médiane. L’écart est modéré : quelques ventes à prix au mètre carré élevé tirent la moyenne vers le haut sans changer le profil d’ensemble du marché.
Ces chiffres mêlent maisons et appartements, logements anciens et récents. Un bien précis s’en écarte selon son secteur, son état, la présence d’un extérieur et son classement énergétique : à surface égale, une maison avec jardin en périphérie et un appartement du centre ancien ne relèvent pas du même marché.
Côté location, la carte des loyers 2025 donne pour un appartement non meublé un indicateur de loyer d’annonce de 11,6 €/m² charges comprises, mesuré sur la commune, avec un intervalle de prédiction à 95 % allant de 8,9 à 15,1 €/m². Pour une maison, l’indicateur s’établit à 11,5 €/m² (de 8,9 à 14,8 €/m²), lui aussi mesuré sur la commune. Estimations ANIL, à partir des données du Groupe SeLoger et de leboncoin (carte des loyers du ministère de la Transition écologique, annonces du 3e trimestre 2025). Au niveau de l’indicateur, un appartement de 50 m² correspond à environ 580 € par mois charges comprises, et une maison de 90 m² à environ 1 035 €. Ce sont des loyers demandés dans les annonces, non des loyers signés.
Les quartiers ou secteurs
Commune de la Drôme de 40 595 habitants, Montélimar est le centre de Montélimar Agglomération. La ville s’est développée à la confluence du Roubion et du Jabron, deux cours d’eau qui s’y rejoignent avant que le Roubion ne gagne le Rhône, tout proche. Le centre ancien s’organise au pied de la butte qui porte le château des Adhémar ; on y trouve surtout des immeubles anciens et des appartements, souvent sans extérieur, dans des copropriétés de petite taille.
Autour de ce noyau, la ville s’étend vers la plaine avec des quartiers d’immeubles collectifs et, plus loin, des secteurs pavillonnaires où dominent les maisons avec terrain. La gare, située sur la ligne de Paris à Marseille, est desservie par le TGV et les TER, et l’autoroute A7 longe la commune : ces accès comptent pour les actifs qui travaillent ailleurs dans la vallée du Rhône. Entre le centre ancien et la périphérie pavillonnaire, les écarts de prix se vérifient bien par bien.
Le budget complet d’un achat
À la médiane de 2 057 €/m², les ordres de grandeur sont les suivants, hors frais :
- 60 m² : environ 123 000 € ;
- 80 m² : environ 165 000 € ;
- 100 m² : environ 206 000 €.
Le marché montilien mêle appartements du centre ancien et maisons avec terrain de la périphérie, et le budget n’y a pas la même structure. Pour une maison, l’entretien du terrain, de la toiture et, le cas échéant, d’une piscine s’ajoute aux dépenses courantes ; pour un appartement ancien sans extérieur, ce sont les travaux de copropriété, à lire dans les procès-verbaux des dernières assemblées générales, qui comptent. Les frais d’acquisition, droits de mutation et émoluments du notaire, se chiffrent avec le simulateur des Notaires de France ; les taux moyens des crédits immobiliers publiés chaque mois par la Banque de France permettent de situer une offre de prêt. Le diagnostic de performance énergétique indique les travaux à prévoir, et France Rénov informe sur les aides à la rénovation.
Les démarches et obligations
Tout vendeur ou bailleur remet un dossier de diagnostics, dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) et l’état des risques et pollutions, établi à partir de Géorisques, le service du ministère de la Transition écologique. Dans une ville traversée par deux cours d’eau et proche du Rhône, la consultation de ce document adresse par adresse permet de savoir si un bien est concerné par un plan de prévention des risques. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location (loi Climat et Résilience) ; les classes F puis E suivront selon le calendrier légal.
Le classement en zone tendue, qui réduit à un mois le préavis du locataire et encadre la fixation du loyer entre deux locataires (article 15 de la loi du 6 juillet 1989), résulte d’un décret dont la liste a été élargie en 2023 : il se vérifie pour Montélimar sur Service-Public.fr. L’encadrement des loyers par arrêté préfectoral est un dispositif distinct, qui ne concerne que les territoires qui l’ont demandé. L’ANIL et le réseau des ADIL (anil.org) informent gratuitement locataires, bailleurs et acquéreurs.
L’évolution récente et ce qu’elle change
Sur les douze mois précédant la dernière vente enregistrée, le 31 décembre 2024, Montélimar a compté 571 ventes, contre 654 sur les douze mois antérieurs, soit une baisse de 12,7 %. Ce recul porte sur le nombre de transactions : il ne dit pas si les prix ont baissé, et la médiane de 2 057 €/m², calculée sur cinq ans, ne permet pas de le trancher. Les ventes postérieures à fin 2024 ne figurent pas encore dans les données publiées.
Pour un acheteur, un marché moins actif peut laisser le temps de comparer les biens et d’appuyer une négociation, en particulier sur les maisons dont le classement énergétique annonce des travaux. Pour un bailleur, l’indicateur d’une maison (11,5 €/m²) est presque identique à celui d’un appartement (11,6 €/m²) : dans les annonces montiliennes, la maison ne se loue donc pas plus cher au mètre carré. Le calcul de rentabilité doit aussi intégrer la taxe foncière, l’entretien d’un terrain et le calendrier de rénovation imposé par le DPE, qui rendra progressivement non louables les logements classés F puis E.