Fillière, commune nouvelle du Grand Annecy née en 2017 de la fusion de cinq villages, affiche un prix médian de 4 616 € le m² sur 527 ventes enregistrées en cinq ans par les données DVF du ministère de l’Économie. Ce guide explique comment lire ce chiffre sur un territoire aussi étendu, détaille le budget complet d’un achat, présente les loyers d’annonce estimés par l’ANIL et rappelle les diagnostics, les règles de location et les ressources gratuites à connaître avant de s’engager, que l’on achète pour y vivre ou pour louer.
Le marché en chiffres
Les données DVF (Demandes de valeurs foncières), publiées par le ministère de l’Économie, recensent 527 ventes à Fillière sur les cinq dernières années. Le prix médian s’établit à 4 616 € le m² : la moitié des biens s’est vendue en dessous de ce niveau, l’autre moitié au-dessus. La moyenne, à 4 624 €, ne s’en écarte que de 0,2 %. Cette quasi-égalité indique que les ventes les plus chères et les moins chères se compensent, et que la médiane décrit fidèlement un bien courant de la commune.
La période récente est plus active : 114 ventes sur les douze mois achevés fin décembre 2025, contre 78 sur les douze mois précédents, soit une hausse de 46,2 %. Rapporté aux 10 075 habitants de la commune, ce volume reste celui d’un marché de taille moyenne, où chaque vente pèse dans les statistiques. Pour situer un bien précis, la comparaison la plus utile reste celle des ventes voisines, consultables une à une sur la carte des ventes de la commune, avec leur date, leur surface et leur prix.
Cinq villages, un seul chiffre communal
Fillière réunit depuis le 1er janvier 2017 cinq anciennes communes : Aviernoz, Évires, Les Ollières, Saint-Martin-Bellevue et Thorens-Glières, chef-lieu de la commune nouvelle. Pour l’acheteur, la conséquence est directe : les 527 ventes DVF mêlent des biens situés dans des villages différents, à des distances variables d’Annecy, et le prix médian communal lisse ces écarts.
Plutôt que de présumer un niveau de prix pour chaque village, mieux vaut reconstituer le marché d’un secteur à partir des ventes réellement enregistrées autour du bien visé. La même prudence vaut pour les loyers : l’indicateur de l’ANIL est calculé pour l’ensemble de la commune, pas pour chaque village délégué.
La commune doit son nom à la Fillière, la rivière qui la traverse, et s’étend au nord d’Annecy au sein de la communauté d’agglomération du Grand Annecy. Son territoire alterne centres de villages, hameaux, prairies et forêts : le type de bien (maison avec terrain, appartement en petit collectif, maison ancienne à rénover) pèse souvent autant sur le prix que l’adresse exacte.
Le budget complet d’un achat
Au prix médian de 4 616 € le m², un appartement de 60 m² représente environ 277 000 €, un logement de 90 m² environ 415 000 € et une maison de 120 m² environ 554 000 €, hors frais. Ces montants n’incluent ni les frais d’acquisition, dits frais de notaire, que le simulateur des Notaires de France permet de chiffrer, ni les éventuels honoraires d’agence, ni les travaux.
Le poste travaux dépend largement du diagnostic de performance énergétique. Un logement classé G ne peut plus être mis en location depuis le 1er janvier 2025 (loi Climat et Résilience), et les classes F puis E suivront selon le calendrier légal. Pour un investisseur, acheter un bien mal classé suppose donc de prévoir la rénovation avant toute mise en location. France Rénov informe gratuitement sur les aides et sur les travaux prioritaires.
Côté financement, la Banque de France publie les taux moyens des crédits immobiliers, utiles pour vérifier qu’une offre bancaire reste dans la norme. À ce niveau de prix, simuler la mensualité avant les visites permet de fixer une surface cible réaliste.
Louer plutôt qu’acheter reste une option à chiffrer. Selon la carte des loyers du ministère de la Transition écologique, l’indicateur de loyer d’annonce atteint 18,0 € par m² charges comprises pour un appartement non meublé, avec un intervalle de prédiction de 13,6 à 24,0 €, et 16,6 € pour une maison, entre 11,8 et 23,4 € (estimations ANIL, à partir des données du Groupe SeLoger et de leboncoin). Ces valeurs, mesurées sur la commune, portent sur des annonces du troisième trimestre 2025. Un appartement de 60 m² ressort ainsi autour de 1 080 € par mois et une maison de 100 m² autour de 1 660 €, charges comprises. Ce sont des loyers demandés dans les annonces, pas des loyers signés.
Les démarches et obligations
Toute vente s’accompagne d’un dossier de diagnostics annexé à l’avant-contrat : diagnostic de performance énergétique, état des risques et pollutions et, selon l’âge et les équipements du logement, diagnostics électricité, gaz, amiante ou plomb. Si le logement n’est pas raccordé au réseau public d’assainissement, le contrôle de l’installation autonome fait aussi partie du dossier. L’état des risques s’établit à partir de Géorisques, le service du ministère de la Transition écologique, qui recense les risques connus à l’adresse précise du bien : sur un territoire de villages et de hameaux traversé par des cours d’eau, cette consultation se fait avant l’offre, pas après.
Pour mettre un logement en location, le classement en zone tendue, qui réduit à un mois le préavis du locataire et encadre la fixation du loyer entre deux locataires (article 15 de la loi du 6 juillet 1989), résulte d’un décret dont la liste a été élargie en 2023 : il se vérifie pour Fillière sur Service-Public.fr. L’encadrement des loyers par arrêté préfectoral est un dispositif distinct, qui ne concerne que les territoires qui l’ont demandé.
L’ANIL et le réseau des ADIL (anil.org) informent gratuitement locataires, bailleurs et acquéreurs, et Service-Public.fr détaille les règles du bail comme celles de la vente.
L’évolution récente et ce qu’elle change
Le nombre de ventes a progressé de 46,2 % d’une période de douze mois à l’autre, de 78 à 114 transactions. Pour un acheteur, une activité plus soutenue signifie davantage de références récentes pour juger un prix demandé ; pour un vendeur, elle signifie que son bien sera comparé à un plus grand nombre de ventes récentes, visibles de tous.
Cette hausse porte sur le nombre de transactions, pas sur les prix : les données présentées ici ne permettent pas de conclure à une hausse ou à une baisse du prix au m². Pour mesurer l’évolution des prix d’un secteur, il faut comparer des ventes de biens semblables, à des dates différentes, sur la carte des ventes.
Enfin, parce que la commune agrège cinq villages, un vendeur de Thorens-Glières et un vendeur d’Évires ne se réfèrent pas forcément au même marché. La médiane de 4 616 € le m² constitue un point de départ, à ajuster selon l’état du bien, sa surface, son terrain et le village où il se situe.