Saint-Antonin-du-Var est une petite commune rurale de la Dracénie, faite de domaines et de hameaux dispersés plutôt que d’un village groupé. Les ventes réelles publiées par l’État y situent le prix médian à 3 311 € par mètre carré sur cinq ans, et le nombre de ventes a nettement augmenté sur la dernière année. Ce guide détaille ces chiffres, les particularités d’un habitat dispersé, le budget complet d’un achat, les obligations du vendeur et du bailleur, puis ce que l’évolution récente implique.
Le marché en chiffres
Les données DVF (Demandes de valeurs foncières), publiées par le ministère de l’Économie, recensent 84 ventes à Saint-Antonin-du-Var sur cinq ans. Le prix médian atteint 3 311 € par mètre carré et la moyenne 3 363 €. L’écart entre les deux, de 1,6 % seulement, montre un marché homogène : la plupart des ventes se concentrent autour de la médiane, sans que quelques transactions très chères ou très bon marché ne faussent la moyenne. Ces chiffres regroupent tous les types de biens vendus dans la commune.
Avec 84 ventes en cinq ans pour 870 habitants, le marché reste confidentiel, et chaque transaction compte. Dans une commune où les maisons sont dispersées, deux biens de même surface peuvent se vendre à des prix très différents selon la taille du terrain, la vue, l’accès ou la présence de vignes et d’oliviers. La carte des ventes DVF permet de repérer les transactions les plus proches d’un bien donné.
Pour la location, la carte des loyers du ministère de la Transition écologique indique un loyer d’annonce de 12,3 € par mètre carré pour une maison, dans un intervalle de prédiction de 9,2 à 16,4 €, et de 11,9 € pour un appartement, entre 9,2 et 15,5 €. Ce sont des loyers charges comprises, pour des biens non meublés annoncés au troisième trimestre 2025 (estimations ANIL, à partir des données du Groupe SeLoger et de leboncoin). Très peu d’annonces ont été observées dans la commune elle-même : ces valeurs sont estimées à une échelle plus large et leur fiabilité est faible, en particulier pour les appartements, rares à Saint-Antonin-du-Var.
Les quartiers ou secteurs
Saint-Antonin-du-Var a longtemps été un hameau d’Entrecasteaux, avant d’être érigé en commune en 1954. Son territoire, très agricole, ne s’organise pas autour d’un centre de village groupé : l’habitat se répartit entre fermes, domaines viticoles et hameaux, au milieu des vignes et des oliviers. La commune fait partie de Dracénie Provence Verdon agglomération, dans l’arrondissement de Draguignan.
Cette organisation change la façon d’acheter. Il n’y a pas de secteur de centre-ville à comparer à une périphérie : la valeur d’un bien dépend de son terrain, de son accès, de son isolement et de ses équipements. Plusieurs points se vérifient avant toute offre : la nature du chemin d’accès et son entretien, le raccordement aux réseaux, et, lorsque le bien n’est pas relié au tout-à-l’égout, l’état de l’installation d’assainissement individuel, dont le rapport de contrôle fait partie des diagnostics remis par le vendeur. La distance aux commerces, écoles et services des communes voisines pèse aussi dans la vie quotidienne.
Le budget complet d’un achat
Au prix médian de 3 311 € par mètre carré, une maison de 80 m² représente environ 265 000 € et une maison de 100 m² environ 331 000 €, hors frais. Pour les propriétés avec un grand terrain ou des dépendances, le prix au mètre carré habitable est un indicateur moins pertinent : la valeur du foncier s’y ajoute.
Les frais d’acquisition, dits frais de notaire, sont composés principalement de droits de mutation versés au département et à la commune ; le simulateur des Notaires de France les calcule selon le prix et le type de bien. Il faut aussi anticiper les travaux, notamment énergétiques : le diagnostic de performance énergétique (DPE) indique la classe du logement, et France Rénov oriente gratuitement vers les aides à la rénovation. La Banque de France publie chaque mois les taux moyens des crédits immobiliers, utiles pour évaluer une offre de prêt.
Pour un projet locatif, l’indicateur de loyer donne un ordre de grandeur : à 12,3 € par mètre carré, une maison de 100 m² s’afficherait autour de 1 230 € par mois charges comprises. Compte tenu du faible nombre d’annonces observées localement, ce chiffre se confronte aux annonces réellement en ligne avant de bâtir un plan de financement. La taxe foncière, fixée selon les taux locaux, s’ajoute chaque année.
Les démarches et obligations
Le vendeur remet un dossier de diagnostics techniques comprenant notamment le DPE et l’état des risques et pollutions, obligatoire. Ce dernier se consulte aussi sur Géorisques, le service du ministère de la Transition écologique, à partir de l’adresse du bien. Dans le Var, de nombreux terrains sont concernés par des obligations légales de débroussaillement autour des habitations exposées au risque de feu de forêt ; leur application à une parcelle précise se vérifie auprès de la mairie.
Pour un bailleur, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être mis en location depuis le 1er janvier 2025, en application de la loi Climat et Résilience, et les classes F puis E suivront selon le calendrier légal. Les maisons anciennes isolées doivent donc être examinées avec attention avant un achat destiné à la location.
Le classement en zone tendue, qui réduit à un mois le préavis du locataire et encadre la fixation du loyer entre deux locataires (article 15 de la loi du 6 juillet 1989), résulte d’un décret dont la liste a été élargie en 2023 : il se vérifie pour Saint-Antonin-du-Var sur Service-Public.fr. L’encadrement des loyers par arrêté préfectoral est un dispositif distinct, réservé aux territoires qui l’ont demandé.
L’ANIL et le réseau des ADIL (anil.org) informent gratuitement locataires, bailleurs et acquéreurs sur les contrats, les diagnostics et le financement.
L’évolution récente et ce qu’elle change
Sur les douze mois précédant la dernière vente enregistrée, le 23 décembre 2025, Saint-Antonin-du-Var a compté 20 ventes, contre 9 sur les douze mois antérieurs, soit une hausse de 122 %. Sur des volumes aussi faibles, cette progression correspond à onze ventes supplémentaires : elle signale un marché plus animé, sans constituer à elle seule une tendance durable.
Pour un vendeur, ce surcroît de ventes récentes fournit des références utiles pour fixer un prix réaliste ; pour un acheteur, il permet de comparer un bien à des transactions proches dans le temps. Les données DVF sont publiées avec un décalage de plusieurs mois et ne reflètent pas les négociations en cours. Dans une commune où chaque propriété est singulière, l’avis d’un professionnel qui connaît le secteur et la comparaison avec les ventes voisines restent les meilleurs repères.